Dans le paysage complexe de l’enseignement supérieur français, la Conférence des Grandes Écoles (CGE) occupe une position stratégique unique. Depuis sa création, cette association représente bien plus qu’un simple regroupement d’établissements : elle incarne un modèle d’excellence académique à la française, reconnu internationalement. Avec ses 245 grandes écoles membres et un écosystème composé d’entreprises du CAC 40 et d’organismes partenaires, la CGE façonne activement l’avenir de l’enseignement supérieur. Son rôle dépasse largement la simple représentation institutionnelle pour s’étendre à l’accréditation, la promotion de l’employabilité et l’accompagnement des transformations pédagogiques. À l’heure où les frontières entre universités et grandes écoles tendent à s’estomper, comprendre les missions de la CGE devient essentiel pour saisir les dynamiques qui transforment la formation des élites françaises.
Genèse et structuration institutionnelle de la conférence des grandes écoles depuis 1973
La naissance de la Conférence des Grandes Écoles s’inscrit dans un contexte historique particulier. Les événements de mai 1968 ont profondément bouleversé le paysage universitaire français, créant une dynamique favorable à la coopération interinstitutionnelle. C’est dans ce contexte que Philippe Olmer, alors directeur de l’École nationale supérieure des Arts et Métiers, a conçu un projet ambitieux : rassembler les grandes écoles françaises au sein d’une structure commune pour mutualiser leurs expertises et renforcer leur influence collective.
Création de la CGE par pierre dreyfus et les écoles fondatrices : HEC, polytechnique et CentraleSupélec
Le 16 mai 1973, douze établissements prestigieux se réunissent en assemblée générale constitutive pour donner officiellement naissance à la CGE. Parmi ces écoles fondatrices figurent des institutions emblématiques : HEC Paris, l’École Polytechnique, l’École des Ponts et Chaussées, et les Arts et Métiers. Cette première composition reflète déjà la diversité des spécialités que l’association cherchera à représenter. Pierre Laffitte, qui succède rapidement à Philippe Olmer, joue un rôle déterminant dans l’élargissement progressif du cercle. Dès les premières années, la volonté est claire : créer une instance capable de porter une vision collective tout en respectant les spécificités de chaque établissement. Les trois commissions initiales – Études, Recherche et Affaires générales – structurent immédiatement les travaux de la Conférence, établissant un modèle organisationnel qui perdure aujourd’hui.
Évolution du statut juridique : de l’association loi 1901 à l’organisme accréditeur
Constituée initialement comme association loi 1901, la CGE a progressivement étendu son périmètre d’action bien au-delà de ses missions originelles. Dans les années 1980, sous l’impulsion de Pierre Laffitte, l’association crée les Mastères Spécialisés, une innovation majeure qui marque son entrée dans le domaine de l’accréditation. Cette évolution résulte d’une opportunité manquée : n’ayant pas déposé le terme « master », la CGE se voit contrainte d’inventer une nouvelle certification. Ce qui aurait pu être un échec se transforme en succès, les Mastères Spécialisés devenant une marque distinctive de l’excellence des grandes écoles. Aujourd’hui, la CGE accrédite plus de 500 formations
accréditées (Mastères Spécialisés, MSc, BADGE, CQC) au sein des grandes écoles membres. Ce mouvement a progressivement fait de la Conférence des Grandes Écoles un véritable organisme accréditeur, reconnu par les pouvoirs publics et les acteurs économiques comme un label de qualité. Sans changer de nature juridique – la CGE demeure une association loi 1901 – elle a donc fait évoluer ses statuts, ses procédures et ses instances pour garantir l’indépendance de ses décisions d’accréditation, la transparence de ses critères et la mise à jour régulière de ses référentiels. Cette double identité, à la fois association représentative et structure de labellisation, explique aujourd’hui son rôle singulier dans l’écosystème de l’enseignement supérieur français.
Architecture organisationnelle : collèges membres et commissions thématiques spécialisées
Pour remplir ses missions, la Conférence des Grandes Écoles s’est dotée d’une architecture organisationnelle sophistiquée, pensée pour refléter la diversité des établissements tout en assurant une gouvernance efficace. Les grandes écoles y sont regroupées par collèges (ingénieurs, management, écoles spécialisées comme l’architecture, la création, le journalisme, la défense ou la santé), auxquels s’ajoutent les collèges des entreprises membres et des organismes partenaires. Cette structuration en collèges permet de faire remonter les besoins de chaque famille d’établissements et de traiter des sujets spécifiques (réforme des concours, alternance, internationalisation, etc.) au plus près du terrain.
En parallèle, la CGE s’appuie sur un ensemble de commissions thématiques et de groupes de travail pour approfondir les grandes questions qui traversent l’enseignement supérieur. On recense aujourd’hui 11 commissions (formation, recherche, international, vie étudiante, égalité des chances, développement durable, numérique, relations entreprises, etc.) et près de 35 groupes de travail spécialisés. Ces instances produisent des rapports, lignes directrices et enquêtes qui font référence, par exemple sur l’ouverture sociale, l’insertion professionnelle ou la place de l’apprentissage dans les grandes écoles. Pour vous, dirigeant d’établissement ou responsable de programme, ces commissions constituent un espace privilégié de partage de bonnes pratiques et de co-construction de politiques communes.
Cette organisation en « matrice » – collèges d’un côté, commissions transversales de l’autre – fonctionne un peu comme une grande entreprise de la connaissance où chaque département représente une expertise métier. Les écoles y trouvent un lieu d’échange stratégique et opérationnel à la fois, capable d’anticiper les transformations (transition numérique, hybridation des formations, exigences RSE) et d’y apporter des réponses collectives. En arrière-plan, la CGE agit ainsi comme une plateforme structurante, qui harmonise les positions des grandes écoles tout en respectant leur autonomie pédagogique.
Gouvernance actuelle : rôle du bureau exécutif et mandat de la présidence tournante
Au sommet de cette organisation, la gouvernance de la Conférence des Grandes Écoles repose sur un bureau exécutif élu, appuyé par un conseil d’administration représentatif de la diversité des membres. Le bureau exécutif réunit la présidence, plusieurs vice-présidences thématiques (formation, recherche, international, vie étudiante, relations entreprises…), un trésorier et des membres issus des différents collèges. Il définit les grandes orientations stratégiques, arrête les positions publiques de la CGE et valide les décisions les plus structurantes, notamment en matière d’accréditation et de partenariats institutionnels.
La présidence de la CGE est historiquement tournante et confiée à une personnalité issue d’une grande école membre, généralement un directeur ou une directrice d’établissement. Le mandat, limité dans le temps, garantit à la fois la stabilité de la ligne stratégique et le renouvellement des priorités en fonction des enjeux du moment : ouverture internationale, diversification des profils, montée en puissance de l’apprentissage, ou encore transition écologique et sociale. Vous vous demandez quel est l’impact concret de cette présidence tournante ? Elle permet d’éviter la captation de la Conférence par un seul type d’école – par exemple les écoles d’ingénieurs ou de management – et d’assurer une représentation équilibrée des différentes familles d’établissements.
La gouvernance s’appuie enfin sur un secrétariat général professionnalisé, chargé de la mise en œuvre opérationnelle des décisions, de la coordination des commissions et de l’organisation des grandes enquêtes annuelles. Ce « moteur administratif » assure la continuité de l’action, au-delà des changements de présidence, et contribue à faire de la CGE un interlocuteur stable pour les ministères, les organisations patronales et les partenaires européens. Pour les écoles membres, c’est un gage de lisibilité et de réactivité face à des réformes souvent rapides de l’enseignement supérieur.
Dispositifs d’accréditation et labels de qualité CGE pour les programmes de formation
Au-delà de son rôle politique, la Conférence des Grandes Écoles s’est imposée comme un acteur central de la qualité des formations dans le supérieur français. À travers ses labels (Mastère Spécialisé, Master of Science, BADGE, CQC, et plus récemment certains Bachelors et MBA), la CGE propose un cadre de référence exigeant qui sécurise à la fois les étudiants, les entreprises et les établissements. Dans un environnement où l’offre de formations se diversifie rapidement, ces labels fonctionnent comme un repère fiable, un peu comme un « label AOC » pour les cursus post-bac et post-master. Mais comment se déroulent concrètement ces processus de certification ?
Processus de certification des masters of science (MSc) et mastères spécialisés (MS)
Pour les Masters of Science (MSc) et les Mastères Spécialisés (MS), la procédure d’accréditation CGE repose sur un dossier détaillé et une série d’échanges approfondis entre l’école et les experts de la Conférence. L’établissement doit d’abord démontrer l’alignement du programme avec les besoins du marché du travail, en s’appuyant sur des études d’opportunité, des enquêtes auprès d’entreprises partenaires et des données d’insertion professionnelle. Les objectifs pédagogiques, le positionnement international, la place des projets et des stages, ainsi que le profil des étudiants visés sont examinés sous l’angle de la valeur ajoutée réelle de la formation.
Viennent ensuite l’analyse des contenus de cours, du volume horaire, de la part d’enseignements en anglais, et du niveau de spécialisation ou de double compétence proposé. Pour un Mastère Spécialisé, l’exigence minimale de niveau d’entrée (bac+4 ou bac+5) et la présence d’un stage de longue durée – souvent au moins 4 à 6 mois – sont des critères incontournables. Pour un MSc, l’ouverture internationale, la diversité des publics (étudiants français et étrangers, jeunes diplômés et professionnels) et l’inscription dans une logique de carrière globale sont particulièrement scrutées. Vous envisagez de créer un nouveau MS ou MSc dans votre école ? Anticiper ces critères en amont du montage du programme permet de gagner un temps précieux au moment de la soumission du dossier.
Critères d’évaluation des programmes MBA accrédités par la CGE
Si la plupart des MBA français s’appuient encore sur des accréditations internationales (AMBA, AACSB, EQUIS), la Conférence des Grandes Écoles joue un rôle croissant dans l’évaluation des MBA portés par ses membres. Les critères appliqués sont, sans surprise, particulièrement exigeants : expérience professionnelle significative des participants (souvent 3 à 5 ans minimum), pédagogie fortement interactive (études de cas, simulations, missions de conseil), présence de professeurs associés issus du monde de l’entreprise, et dimension internationale marquée. Le MBA doit se positionner comme un véritable accélérateur de carrière, et non comme un simple prolongement d’un master initial.
La CGE examine également la gouvernance académique du programme (comité de pilotage, comité de perfectionnement avec des représentants d’entreprises, mécanismes d’évaluation continue) et les résultats concrets en termes d’employabilité : évolution de poste, de rémunération, changement de secteur ou de pays. Un MBA accrédité par la CGE doit démontrer sa capacité à former des managers capables de prendre des décisions complexes dans des environnements incertains, tout en intégrant les enjeux de RSE et de transition numérique. Pour vous, cadre en reconversion ou manager en quête de montée en compétences, ce label constitue un indicateur précieux pour distinguer un programme robuste d’une offre plus opportuniste.
Procédure d’audit des bachelors en 3 ans et validation des référentiels pédagogiques
Avec la montée en puissance des formations à bac+3, la Conférence des Grandes Écoles a progressivement développé des procédures d’audit des Bachelors en trois ans portés par ses membres. Ici, l’enjeu est double : garantir une exigence académique élevée pour ces cursus courts, tout en s’assurant de leur articulation claire avec les programmes master et avec le marché de l’emploi. L’audit porte notamment sur les modalités de recrutement (sélection à l’entrée, prise en compte de la diversité des profils, passerelles DUT/BTS/LL. universitaires), la progression pédagogique sur les trois années et l’équilibre entre fondamentaux, professionnalisation et international.
Les référentiels pédagogiques sont examinés sous l’angle des compétences : que sait faire concrètement un diplômé de Bachelor une fois sur le marché du travail ? Maîtrise-t-il les outils numériques clés de son secteur ? Dispose-t-il de suffisamment d’expériences en entreprise (stages, alternance, projets concrets) ? L’objectif de la CGE est de s’assurer que ces Bachelors ne soient pas de simples « produits d’appel », mais de véritables formations d’excellence, dotées de débouchés identifiés ou de possibilités solides de poursuite d’études en master. Pour les familles et les étudiants, ce contrôle qualité constitue un repère rassurant dans un paysage où l’offre de Bachelors est devenue foisonnante.
Système de renouvellement quinquennal des accréditations et indicateurs de performance
Une fois un label obtenu, la relation entre la grande école et la Conférence ne s’arrête pas là. La plupart des accréditations CGE sont délivrées pour une durée limitée – en général cinq ans – au terme de laquelle un renouvellement quinquennal est nécessaire. Ce système oblige les établissements à maintenir un haut niveau d’exigence dans la durée et à actualiser régulièrement leurs programmes. Concrètement, l’école doit présenter des indicateurs de performance précis : taux d’insertion professionnelle à 6 mois, niveau moyen des salaires de sortie, proportion d’étudiants en alternance, taux de mobilité internationale, satisfaction des diplômés et des recruteurs.
Lors du renouvellement, la CGE porte également une attention particulière à la capacité d’innovation pédagogique du programme : intégration de nouvelles compétences (data, RSE, soft skills), recours au blended learning, partenariats renforcés avec les entreprises et les institutions internationales. Ce suivi régulier fonctionne un peu comme un « contrôle technique » qualitatif : il ne s’agit pas seulement de vérifier que la formation est conforme, mais aussi qu’elle progresse au rythme des transformations du marché du travail. Pour les équipes pédagogiques, c’est à la fois une contrainte et une opportunité : un cadre stimulant pour repenser les maquettes, renforcer les liens avec les alumni et valoriser les réussites auprès des futurs candidats.
Mission de représentation des grandes écoles auprès des instances gouvernementales
La Conférence des Grandes Écoles est aussi, et peut-être surtout, la voix collective des grandes écoles auprès des pouvoirs publics. Dans un système où les décisions structurantes se prennent souvent au niveau du Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (MESR) ou du Parlement, disposer d’un interlocuteur unique, capable de porter des positions argumentées et chiffrées, est un atout stratégique. La CGE joue ce rôle de médiateur, en traduisant les préoccupations des écoles en propositions de réforme, et en relayant, en retour, les orientations des politiques publiques vers ses membres.
Lobbying auprès du ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche (MESR)
Le terme de lobbying peut parfois susciter la méfiance, mais dans le cas de la CGE, il s’agit avant tout d’un travail de plaidoyer documenté auprès du MESR et des autres ministères concernés (Économie, Travail, Défense, Agriculture, etc.). La Conférence participe régulièrement à des consultations, remet des avis sur les projets de décrets ou de lois, et formule des propositions concrètes sur des sujets comme le financement des formations, la reconnaissance internationale des diplômes, ou encore l’égalité des chances. Les enquêtes annuelles de la CGE – notamment sur l’insertion des jeunes diplômés – alimentent ces échanges en données actualisées et objectives.
Pour vous, responsable d’établissement, cela signifie que vos préoccupations locales (capacité d’accueil, besoins en apprentissage, contraintes de recrutement des enseignants-chercheurs) peuvent être portées à un niveau national à travers la Conférence. Le MESR, de son côté, trouve dans la CGE un interlocuteur structuré, capable de fournir une synthèse des positions des grandes écoles, plutôt qu’une multitude de demandes individuelles. Cette relation, construite sur le temps long, a permis à la CGE d’être associée à la plupart des grandes réformes de l’enseignement supérieur de ces vingt dernières années.
Contribution aux réformes : loi ORE, parcoursup et processus bologne
Parmi ces réformes, on peut citer la Loi ORE (Orientation et Réussite des Étudiants) et la mise en place de Parcoursup, qui ont profondément modifié les modalités d’accès aux formations post-bac. La Conférence des Grandes Écoles a pris part aux concertations en amont, notamment pour défendre la spécificité des concours d’entrée tout en favorisant une meilleure lisibilité de l’offre auprès des lycéens. Comment concilier sélectivité et ouverture sociale ? Cette question a fait l’objet de nombreuses contributions de la CGE, qui promeut le développement des classes préparatoires intégrées, des dispositifs passerelles et des partenariats avec les lycées de territoires moins favorisés.
Au niveau européen, la CGE a également joué un rôle actif dans l’appropriation du processus de Bologne (système LMD, crédits ECTS, lisibilité des diplômes) par les grandes écoles. En accompagnant ses membres dans la mise en place de cursus compatibles avec l’Espace européen de l’enseignement supérieur, elle a contribué à renforcer la reconnaissance internationale des diplômes français. La structuration en grades (licence, master, doctorat), la place du doctorat dans certaines grandes écoles, ou encore la reconnaissance des périodes de mobilité ont été autant de sujets sur lesquels la CGE a fait entendre la voix de ses membres.
Participation aux instances européennes : EHEA et reconnaissance des diplômes transfrontaliers
La dimension européenne de l’action de la Conférence se manifeste également par sa participation aux travaux liés à l’Espace européen de l’enseignement supérieur (EHEA). La CGE y défend un modèle français où les grandes écoles, aux côtés des universités, occupent une place structurante dans la formation des ingénieurs, managers et experts sectoriels. Les débats sur la reconnaissance mutuelle des diplômes, les référentiels de compétences ou encore les standards de qualité européens (ESG) sont des terrains sur lesquels la Conférence s’engage activement.
Dans la pratique, cela se traduit par une meilleure reconnaissance des diplômes transfrontaliers, par exemple pour les doubles-diplômes franco-allemands, franco-italiens ou franco-espagnols portés par les écoles membres. En travaillant avec ses homologues étrangers et avec les agences d’assurance qualité européennes, la CGE contribue à sécuriser les parcours des étudiants qui souhaitent poursuivre une carrière internationale. Vous envisagez un double cursus entre une grande école française et une université étrangère ? Les travaux menés par la CGE sur la compatibilité des maquettes, les niveaux de langue requis et la reconnaissance des crédits facilitent concrètement ce type de projets.
Promotion de l’employabilité et partenariats avec l’écosystème économique
Au cœur de l’ADN des grandes écoles se trouve la promesse d’employabilité : former des diplômés immédiatement opérationnels, capables de s’intégrer rapidement sur le marché du travail. La Conférence des Grandes Écoles joue ici un rôle structurant, à la fois comme productrice de données de référence sur l’insertion professionnelle et comme facilitatrice de partenariats avec les entreprises. Dans un contexte où les jeunes diplômés s’interrogent davantage sur le sens de leur travail, la RSE ou l’équilibre vie pro / vie perso, cette mission prend une importance grandissante.
Observatoire de l’insertion professionnelle : enquêtes statistiques et taux d’emploi à 6 mois
Chaque année, la CGE pilote une enquête nationale sur l’insertion des jeunes diplômés des grandes écoles. Cette enquête, devenue une référence pour les médias, les entreprises et les décideurs publics, mesure notamment le taux d’emploi à 6 mois, la part de CDI, la répartition sectorielle des débouchés, les niveaux de rémunération, ainsi que la part de carrières internationales. Les résultats montrent régulièrement des taux d’emploi supérieurs à 80 % à 6 mois, souvent au-delà de 90 % pour certaines filières d’ingénieurs et de management, confirmant la solidité du modèle grandes écoles.
Pour les établissements, cet observatoire fonctionne comme un miroir exigeant : il permet de comparer les performances d’une école à celles de l’ensemble du réseau, d’identifier des marges de progression (parité, diversité sociale, insertion des étudiants en situation de handicap) et d’ajuster les dispositifs d’accompagnement (coaching, ateliers CV, préparation aux entretiens). Pour vous, futur étudiant ou parent, ces chiffres offrent un éclairage objectif sur la qualité des débouchés des grandes écoles, au-delà des classements médiatiques souvent partiels. Ils constituent aussi une ressource précieuse pour apprécier la pertinence d’une spécialisation ou d’un secteur d’activité.
Conventions-cadres avec le MEDEF et réseau des alumni des grandes écoles
La Conférence des Grandes Écoles entretient des partenariats stratégiques avec les organisations représentatives du monde économique, au premier rang desquelles le MEDEF et les chambres de commerce et d’industrie. Ces conventions-cadres visent à rapprocher durablement les entreprises et les écoles autour de thématiques clés : compétence des jeunes diplômés, alternance, besoins en formation continue, innovation et entrepreneuriat. Elles facilitent également l’organisation de forums de recrutement, de chaires de recherche partenariales et de programmes d’intrapreneuriat.
Parallèlement, la CGE valorise et fédère les puissants réseaux d’alumni des grandes écoles, qui constituent un levier d’insertion et de mobilité professionnelle sans équivalent. En encourageant les collaborations inter-écoles (événements communs, mentoring croisé, plateformes partagées), elle contribue à élargir les opportunités de carrière pour les jeunes diplômés comme pour les profils plus expérimentés. Vous vous interrogez sur la force réelle de ce réseau ? Dans certains secteurs comme le conseil, la finance, le numérique ou l’industrie, les diplômés des grandes écoles représentent encore une part importante des cadres supérieurs, ce qui renforce la visibilité des labels CGE dans les processus de recrutement.
Dispositifs de formation continue : executive education et validation des acquis de l’expérience (VAE)
Dans un monde professionnel marqué par l’obsolescence rapide des compétences, la Conférence des Grandes Écoles encourage fortement le développement de la formation continue au sein de ses membres. Les programmes d’executive education (certificats, Executive MBA, formations courtes sur mesure) et les dispositifs de Validation des Acquis de l’Expérience (VAE) sont au cœur de cette stratégie. La CGE travaille à structurer une offre lisible et exigeante, en veillant à ce que les mêmes standards de qualité que pour la formation initiale soient appliqués.
Pour les entreprises, ces dispositifs représentent un outil puissant de montée en compétences des collaborateurs, en particulier sur des enjeux émergents comme la data, la cybersécurité, la finance durable ou le management de la transition écologique. Pour les individus, ils offrent une seconde chance ou un accélérateur de carrière : valider un diplôme de grande école par la VAE, par exemple, peut transformer une expérience de terrain en reconnaissance académique. En accompagnant ses membres sur les aspects réglementaires, pédagogiques et marketing de la formation continue, la CGE contribue à renforcer la place des grandes écoles dans le champ plus large de la formation tout au long de la vie.
Stratégies d’internationalisation et positionnement dans les classements mondiaux
L’internationalisation est devenue l’un des principaux marqueurs de l’excellence académique. Pour les grandes écoles, il ne s’agit plus seulement d’envoyer quelques étudiants à l’étranger, mais de construire de véritables stratégies globales : campus délocalisés, doubles-diplômes, recrutements internationaux, participation aux grands réseaux mondiaux. La Conférence des Grandes Écoles joue ici un rôle de catalyseur, en soutenant les initiatives de ses membres et en promouvant, à l’étranger, le modèle des grandes écoles à la française.
Politique de doubles-diplômes internationaux et réseaux CESAER, T.I.M.E., CEMS
Les doubles-diplômes internationaux sont devenus un outil clé pour renforcer l’attractivité des grandes écoles et la valeur de leurs diplômes sur le marché mondial. La CGE encourage activement cette dynamique, en facilitant l’adhésion de ses membres à des réseaux prestigieux comme CESAER (universités et écoles d’ingénieurs européennes de recherche), T.I.M.E. (Top Industrial Managers for Europe) ou CEMS (Global Alliance in Management Education). Ces réseaux permettent aux étudiants de combiner un diplôme français avec un diplôme étranger de haut niveau, souvent en prolongeant la durée des études d’un semestre ou d’un an.
Pour les écoles, ces partenariats exigent une forte compatibilité des maquettes de formation, des critères d’admission harmonisés et une confiance mutuelle dans la qualité des enseignements. La CGE accompagne ce mouvement en défendant, auprès de ses partenaires internationaux, la rigueur des formations françaises et la valeur du grade de master. Vous envisagez un parcours de double-diplôme ? L’appartenance de votre école à ces réseaux, souvent soutenue et valorisée par la CGE, constitue un indicateur concret du niveau d’internationalisation de son projet pédagogique.
Influence sur les rankings QS, financial times et shanghai pour les business schools françaises
Les classements internationaux – QS, Financial Times, Shanghai, Times Higher Education – sont devenus des repères incontournables pour les étudiants, les familles et les recruteurs. Même si la Conférence des Grandes Écoles ne produit pas elle-même de rankings, elle agit en coulisses pour améliorer le positionnement des business schools françaises et des écoles d’ingénieurs dans ces palmarès. Comment ? D’abord en incitant les établissements à collecter et à partager des données fiables sur leurs diplômés (salaires, mobilité internationale, progression de carrière), qui alimentent directement les méthodologies de classement.
Ensuite, la CGE plaide pour une meilleure prise en compte des spécificités françaises, notamment la force des classes préparatoires, la place de l’apprentissage et la diversité des formes de recherche (académique, partenariale, orientée vers l’innovation). Elle accompagne également les écoles dans la compréhension fine des critères des différents classements, afin qu’elles puissent ajuster leurs stratégies sans tomber dans le piège d’une « course au ranking » déconnectée de leurs missions éducatives. Pour vous, futur étudiant, savoir qu’une école est membre de la CGE et bien positionnée dans ces classements offre un double gage de qualité, académique et internationale.
Programmes de mobilité étudiante : erasmus+ et partenariats avec MIT, berkeley, NUS
La mobilité internationale reste l’un des leviers les plus visibles de l’ouverture des grandes écoles sur le monde. À travers le programme Erasmus+ et de nombreux accords bilatéraux, les écoles membres de la CGE proposent chaque année des milliers de séjours d’études ou de stages à l’étranger. Certains établissements ont noué des partenariats emblématiques avec des institutions comme le MIT, Berkeley, NUS, ou encore de grandes universités asiatiques et africaines. La Conférence, en valorisant ces coopérations et en participant aux discussions européennes sur la mobilité, contribue à sécuriser et à étendre ces opportunités.
Dans les faits, la mobilité est aujourd’hui un passage quasi obligé pour nombre de parcours d’ingénieurs ou de managers, avec des durées variables (semestre académique, double-diplôme, année de césure). Vous vous demandez si ces séjours à l’étranger font encore la différence sur un CV ? Les enquêtes de la CGE montrent que les diplômés ayant une expérience internationale significative bénéficient souvent d’une insertion plus rapide dans les métiers à dimension globale, et d’une meilleure capacité d’adaptation à des environnements multiculturels. La Conférence milite d’ailleurs pour que cette mobilité reste accessible au plus grand nombre, notamment via des bourses et des dispositifs d’accompagnement pour les étudiants boursiers.
Axes prospectifs : transition numérique, RSE et hybridation des modèles pédagogiques
À l’heure où les transformations technologiques et sociétales s’accélèrent, la Conférence des Grandes Écoles oriente de plus en plus ses travaux vers les enjeux prospectifs. Comment préparer les futurs diplômés à des métiers qui n’existent pas encore ? Comment articuler excellence académique, responsabilité sociétale et agilité numérique ? Ces questions structurent désormais de nombreuses commissions et groupes de travail, qui accompagnent les écoles dans l’évolution de leurs modèles pédagogiques.
Intégration des EdTech et MOOCs labellisés CGE dans les curricula
La révolution numérique dans l’enseignement supérieur ne se résume plus à la simple mise en ligne de cours. Les grandes écoles, avec le soutien de la CGE, expérimentent des formats hybrides qui combinent présentiel, classes inversées, modules en ligne et plateformes collaboratives. Les EdTech et les MOOCs jouent un rôle croissant dans ces dispositifs, à la fois comme outils d’individualisation des parcours et comme moyens de diffuser des contenus d’excellence à un public plus large. La Conférence travaille à la définition de standards de qualité pour ces ressources, avec l’objectif de pouvoir, à terme, labelliser certains MOOCs ou modules numériques intégrés aux cursus.
Pour les étudiants, cette évolution se traduit par davantage de flexibilité et par la possibilité de construire des parcours plus personnalisés, en combinant des briques de compétences issues de différentes sources. Pour les écoles, elle représente un défi organisationnel et pédagogique : former les enseignants à de nouvelles pratiques, investir dans des plateformes robustes, repenser l’évaluation. La CGE, en mutualisant les expériences réussies et en publiant des guides et retours d’expérience, joue ici un rôle d’accélérateur de transformation. En quelque sorte, elle permet aux écoles de ne pas réinventer seules la roue numérique.
Référentiel développement durable & responsabilité sociétale (DD&RS) des écoles membres
La transition écologique et sociétale est devenue un axe central de la stratégie des grandes écoles, sous l’impulsion notamment du référentiel Développement Durable & Responsabilité Sociétale (DD&RS). Co-porté par la CGE avec d’autres acteurs de l’enseignement supérieur, ce référentiel propose un cadre d’évaluation et de progression autour de plusieurs dimensions : gouvernance, formation, recherche, gestion de campus, politique sociale, ancrage territorial. Il permet aux écoles de mesurer leur maturité en matière de RSE et d’identifier des pistes concrètes d’amélioration.
Pour les étudiants, ce référentiel se traduit par une intégration croissante des enjeux climat, biodiversité, inclusion ou éthique des affaires dans les maquettes de formation. Pour les écoles, il devient un véritable outil stratégique : comment aligner les discours sur les pratiques ? Comment faire évoluer les spécialités traditionnelles (finance, marketing, génie civil, énergie) vers des modèles plus durables ? La CGE accompagne ce mouvement en valorisant les initiatives les plus innovantes (chaires RSE, incubateurs à impact, engagements étudiants) et en encourageant les démarches de labellisation DD&RS. À terme, ces dispositifs contribuent à redéfinir ce que signifie « excellence » pour une grande école.
Convergence grandes écoles-universités : expérimentations ParisTech, université Paris-Saclay et initiatives IDEX
Enfin, l’un des grands chantiers prospectifs suivis de près par la Conférence des Grandes Écoles concerne la convergence entre grandes écoles et universités. Les initiatives ParisTech, la création de l’Université Paris-Saclay ou encore les projets IDEX (Initiatives d’Excellence) ont conduit à des rapprochements inédits : fusions, regroupements, universités de recherche rassemblant écoles d’ingénieurs, business schools et facultés disciplinaires. La CGE observe et accompagne ces transformations, en veillant à ce que l’apport spécifique des grandes écoles – relation étroite avec les entreprises, pédagogies actives, forte employabilité – soit pleinement intégré dans ces nouvelles entités.
Pour les étudiants, cette convergence peut être vue comme une opportunité : bénéficier à la fois de la densité de la recherche universitaire et de la professionnalisation des grandes écoles. Pour les établissements, elle soulève des questions complexes de gouvernance, de marque, de financement et d’alignement des cultures organisationnelles. La Conférence joue ici un rôle de forum, où les expériences sont partagées, les risques identifiés, les conditions de réussite discutées. À terme, ces évolutions pourraient redessiner le paysage de l’enseignement supérieur français, en combinant le meilleur des deux mondes. Et vous, comment imaginez-vous la grande école de demain : plus universitaire, plus connectée, plus responsable ? La CGE, en tout cas, s’emploie à préparer ce futur aux côtés de ses membres.
